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Les racines du succès : petit guide de l’investissement forestier

En Novembre dernier à l'hôtel Meurice, Pierre Aussedat a pu partager sa vision de l’investissement forestier avec les membres du Rotary Club de Paris.

Les racines du succès : petit guide de l’investissement forestier

Il faut 150 ans pour voir grandir un chêne. Planter un arbre pour ses arrières, arrières, arrières petits-enfants permet de donner du sens à un investissement. La forêt permet d’allier projet patrimonial et ambitions entrepreneuriales. Investir dans le bois donne l’opportunité de transmettre un patrimoine aux générations futures. Mais c’est aussi une vraie aventure d’entreprise !

Histoires de familles

La forêt rassure dans un monde qui va un peu vite, voire trop vite. L’investissement forestier représente un moyen de se rapprocher de la terre. Cela induit une certaine humilité. La forêt impose aux propriétaires de transmettre quelque chose. Pierre Aussedat, qui dirige un cabinet spécialisé dans l’investissement forestier, voit ainsi naître et se poursuivre de belles histoires familiales. « Je perçois l’investissement forestier comme une façon d’ancrer les familles. On crée des racines. Les investisseurs me disent souvent, ‘on voudrait acheter à côté de là où j’ai grandi, à côté de chez mes grands-parents’… » raconte-t-il.

 

S’aventurer en forêt … une entreprise (presque) comme les autres

Lorsqu’un acheteur choisit une forêt, il achète bien plus qu’un terrain ou un nombre d’hectares. Comme pour tout projet d’investissement entrepreneurial, l’aventure forestière commence par un audit. Celui-ci permet de calculer le potentiel d’une forêt sur 10 à 15 ans. La forêt génère des revenus réguliers via la récolte du bois d’œuvre, la récolte du bois de feu et le revenu de la chasse. La forêt rapporte ainsi entre 50 et 800 euros par hectare et par an. Les variations dépendent surtout des peuplements en place. Comme toute entreprise, la forêt comporte des risques : aléas climatiques avec les tempêtes, ou problèmes sanitaires liés au réchauffement climatique. Les produits forestiers subissent aussi la volatilité des marchés, en particulier pour les feuillus dont les prix varient parfois du simple au double d’une saison à l’autre. Pierre Aussedat nuance cependant : « Quand on produit des bois de qualité on a toujours un marché. Je conseillerais aux forestiers de prévoir des reboisements sur des sols profonds avec des essences adaptées. ».

Le champ des possibles

Pierre Aussedat rappelle également que la production de bois n’est pas le seul horizon du propriétaire forestier. « Nous construisons avec les propriétaires les leviers de développement pour sortir du champ production de bois. » explique-t-il. Et la forêt regorge d’opportunités ! L’implantation d’un mât éolien, une cueillette de champignons sont des exemples de solutions pour diversifier les revenus. La forêt redevient à la mode. La construction en bois se développe ce qui permet de valoriser d’autres qualités de bois. Les sous-produits de la forêt - de la sylvothérapie à la sève de bouleau  - attirent des consommateurs voulant se rapprocher de la nature ! Bien sûr, la transition énergétique représente également une opportunité pour les investisseurs forestiers. L’utilisation de biomasse forestière permet de valoriser des sous-produits forestiers tout en produisant durablement de l’énergie. « On sait tous que la forêt stocke du carbone et qu’elle est le poumon de la société. Cela représente en fait un formidable levier de développement. En France contrairement à ce que l’on pourrait dire, la forêt grandit chaque année : capitalisons sur ce faire-valoir. » s’enthousiasme Pierre Aussedat.

 

Parlons prix

Pour estimer la valeur d’un bien forestier, on analyse sa valeur technique. Elle correspond à la valeur du sol ensouché, à laquelle on ajoute la valeur du peuplement bois et la capitalisation de la valeur chasse. Pour des forêts de production qui sont de qualité, la valeur du bois représente jusqu’à 90% de la valeur du bien. Pour bien connaître une forêt, je préconise de réaliser un inventaire pied à pied, c’est-à-dire compter les arbres un à un. Un procédé certes fastidieux mais qui permet un diagnostic exhaustif de toute la forêt et de ses qualités. La valeur vénale épouse ensuite plus ou moins la valeur technique en fonction de l’offre et de la demande. Il y a dix ans, la forêt n’intéressait pas grand monde ; les prix de vente étaient inférieurs à la valeur technique. Aujourd’hui, de plus en plus d’acheteurs sont conscients du potentiel de la forêt. Dans certaines régions, les forêts se vendent à un prix largement supérieur à celui fixé par la simple valeur technique ! « Le moment est venu de penser forêt » résume Pierre Aussedat, spécialiste en investissements forestiers.